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 Journal de Sulyvahn

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Masculin Duché : Nimdre
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Métier/Titres : Doyen
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MessageSujet: Journal de Sulyvahn   Lun 11 Juin - 16:44

Pensée n°122



Pardonne-moi Créateur, parce que j’ai pêché.

Je me tiens debout, face à ce monde qui s’étend devant moi, d’un horizon à l’autre. Si sombre, si sale. Au-dessus de moi, l’ombre plane comme un nuage sans bord, voilant la lumière sainte et solaire. Et l’odeur nauséabonde qui remonte de la carcasse de la terre putrescente agresse mes narines et je plisse le nez de dégout face à ce chancre abject. Ils dansent, ils chantent. Tandis que leurs royaumes s’enfoncent chaque jour un peu plus dans la fange noire. Cette même fange qui recouvre leurs yeux aveugles et qui étouffe leurs voix. Je les observe se noyer dans la boue, les bras tendues vers le ciel, des sourires béats et stupides sur les lèvres, comme des balafres d’ignorances édentées. Aucun n’appelle à l’aide, aucun ne se débat, et tous acceptent docilement, sans le savoir, la corruption immonde dans laquelle ils naissent, vivent et meurent : laissant leurs charognes inutiles rejoindre le marais d’immondice pour un nouveau cycle absurde.

Et je crispe mes poings face à ce constat. Et mon cœur saigne de les voir ainsi.

L’Humanité se meurt. Une gangrène ronge sa carcasse putride, et telle une nécrose suppureuse elle s’étend un peu plus chaque jour. Loin de Ta Lumière, Ton troupeau s’enfonce dans le vice et l’opprobre. Et que pourrais-je donc faire ? Rester, impuissant, les bras croisés à attendre le Divin Jugement ? Observer ce monde partir à la dérive et suivre, indolent, la débâcle délétère de la bêtise humaine ? Non. Tu ne m’as pas créé ainsi pour cela. Tu ne m’as pas animé de cette flamme pour que je laisse le monde sombrer dans les ténèbres. Ce n’est pas un cadeau que tu m’as donné. C’est une mission. Celle de transmettre ce feu divin, et de laisser sa chaleur et sa lumière baigner le monde. Et je jure que rien n’y personne ne pourra rester en travers de ma route. J’userai de tous les dons que tu m’as fait pour servir en ton nom. L’intelligence retorse et l’habilité pour le mensonge et la manipulation que tu as faites miennes furent pour que je puisse fomenter Tes plans. L’absence de pitié que tu m’as offerte est pour que rien ne puisse me dévier de ma route. La curiosité sans borne que tu nourris en moi et pour que je puisse user de toutes les cartes que Tu laisses à ma dispositions. L’ambition que tu as fait germer en moi est pour que je mène ton flambeau au plus loin des ténèbres.

J’observe, impassible, ce monde partir à la dérive mais je refuse de l’accepter. J’userai de tous les stratagèmes, de toutes les ruses si nécessaire. Je baignerai mes mains dans le sang des innocents comme ce fut déjà le cas, brûlerai des cités entières de croyants et de pécheurs, poignarderai sans honneur ceux qui resteront sourd à l’appel. Je manipulerai sans la moindre vergogne les pantins décérébrés que Tu laisseras sur ma route. Je plongerai dans les ténèbres les plus abyssales et irait utiliser les sombres reliques du passé s’il le faut, et je trouverai dans la noirceur de l'abîme les secrets les plus anciens, ceux que les hommes devaient oublier. J’appellerai les plus noires forces de l’obscurité sur ce monde afin que les hommes ouvrent les yeux sur sa véritable nature, qu’importe s’il faut pour cela leur arracher les paupières. Je risquerai, sans peur ni hésitation, jusqu’au salut de mon âme, pour remettre ce monde dans le droit chemin. Et aucun ne verra en moi le véritable instrument de ta volonté que je suis. Je serai aux yeux de tous le bon Père Sulyvahn, honnête éminence grise, veilleur d’entre l’Ombre et la Lumière. Mais Toi, tu sais la braise qui couve en moi. Tu sais qu’elle ne s’éteindra jamais. Qu’elle me consumera si elle ne consume pas le monde pour le refaire à Notre image. Mes ennemis pourront me faire saigner, me faire hurler, ils pourront m’arracher le cœur. Mais cette flamme, jamais ils ne pourront l’éteindre.

Pardonne moi Créateur, parce que j’ai péché.

Et que je pécherai encore. Je le ferai tant que nécessaire. Je continuerai jusqu’à ce que je puisse prendre la tête de ton troupeau et le mener vers Ta Lumière éternelle. Je continuerai jusqu’à ce que je puisse offrir à Ton peuple le seul prophète qu’il mérite : celui que tu créas dans cet unique but. Je marcherai dans la boue jusqu’à la Cité Sainte, et mes pas ne laisseront que braises ardentes derrières eux. Et je jure de devenir le berger qui sauvera l’Humanité de sa propre folie.

Dussé-je la mener à travers un monde réduit en cendres.



***



Morceaux de papiers trouvés dans les geôles


L’avez-vous vu ?

Par Arsinoé, comment un être tel que lui a-t-il put naître sur cette terre ? Le Créateur s’est-il détourné de nous à ce point ? Pour qu’il nous envoie ainsi ce … Ce monstre ! Un monstre fait homme, je vous le dis. Ne vous fiez pas à la bure qu’il porte : celui-là n’a rien d’un saint homme ! Lorsque j’ai été fait prisonnier et que je tombai dans ce cachot croupi, je pensais naïvement que justice serait faite. Ma bande et moi n’étions que de pauvres voleurs, nous n’avions jamais fait de mal à quiconque … Mais notre chef, il semblait qu’il… Qu’il savait certaines choses. Il en a entendu parler. Ce c’est qui signa notre perte.

Je rassemble ce qu’il me reste de santé mentale pour pouvoir prévenir quiconque trouverait ces pages.



Je le vis une première fois, descendre calmement les marches menant à nos cellules, ses pas résonnèrent dans le couloir comme un métronome, lent et régulier. Un simple homme d’église, vêtu d’une modeste bure brune. Les cheveux courts et la barbe entretenue. Sa carrure était haute, impressionnante, pourtant ce n'est pas cela qui imposa naturellement le silence autour de lui : plutot comme si un vieil instinct de survie nous intima de nous taire. C’est sans le moindre sourire qu’il nous observa un à un, posant sur chacun de nous son regard inquisiteur. Et par tous les saints, jamais je ne pourrais oublier ce regard… Malgré l’obscurité de la pièce, ses yeux d’un vert putride et sombre semblaient reluire d’un feu intérieur, comme un feu grégeois prêt à tous nous consumer corps et âme : un feu venu tout droit des profondeurs de l’enfer. Deux braises sordides couvant d’une flamme impure incrustés dans ses traits de granite, sans douceur ni délicatesse. Et tandis qu’il affichait une grande froideur à notre égard, semblant nous disséquer du regard comme des morceaux de viandes dans une boucherie, j’eut l’impression de n’être qu’un insecte à ses yeux. Un frisson me parcouru. Sa voix, grave et sombre comme un glas sonnant la mort annoncée, résonna dans la pièce. L’un de nous fut désigné. Il fut emmené par les gardes, et lui les suivit sans rien rajouté. Aussitôt qu’il disparut, nous pûmes respirer à nouveau, et il nous sembla que l’aura oppressante, étouffante, de souffre, de noirceur et de flammes, émanait en réalité directement de son âme.



Un silence de mort s’abattit cette nuit-là. Du moins dans nos cellules. Car au loin, on ne pouvait qu’entendre, impuissant, les hurlements d’horreur et d’agonie de notre camarade, livré au démon. Je n’ai pas pu trouver le sommeil. Personne n’a pu.



Il revient plusieurs fois depuis, chaque jour à la même heure. L’angoisse nous prend au trippes tandis que l’heure fatidique approche. Et chaque fois que l’on entend ses pas résonner dans le couloir, une peur suffocante et sans émule vient planter ses griffes dans nos trachées, nous coupant le souffle aussitôt. Certains des nôtres en sont venu à pleurer. Par le Créateur, qu’avions nous fait pour mériter cela ?



Tous mes camarades s’en sont allé depuis... Je suis le dernier, et c’est en étant recroquevillé dans un coin que j’attends le jour de ma mort. Je prie pour ce qui reste de mon âme… A quiconque trouvera cette lettre, la seule chose que je vous souhaite c’est de ne jamais croiser son regard ! Ce regard qui vous transperce l’âme, détruit votre volonté et ouvre votre esprit pour en sonder le moindre recoin sans pudeur aucune. J’ai vu bien des puissants auparavant, des barons et des ducs. Mais jamais je ne fu témoin d’un spectacle aussi étrange et terrifiant. Mon âme douloureuse … J’ai l’impression qu’elle fut marquée au fer rouge par ces yeux…



Il n’est pas venu aujourd’hui non plus… Pourquoi … ?



Les jours passent… Combien de temps ? A-t-il eu ce qu’il voulait ? Suis-je libre de sa présence ? Par le Créateur, faites que je ne le revois jamais !



J’entends parfois ses pas… Mais il ne vient pas… C’est peut-être dans ma tête ?



Sortirais-je un jour d’ici … ?



Je le vois … Son ombre – Venir ici – Aura de désespoir – Le  voilà ! – Présence infernale ! – Il est revenu ! – Nimbé de ténèbres – Il vient réclamer mon âme – Terreur suffocante – Oh Créateur vient moi en aide – Les Yeux de Feu
***



Prophétie n°12 et Autobiographie




J’ai encore fait ce rêve.


Je suis dans la Cité Sainte, seul, dans la salle du Trône de la Divine. Autour de moi, le monde est en ruine. Les murs de la citadelle sont mis à bas, et depuis les hauteurs, un vent ténébreux souffle sur le monde, balayant toute sa surface de ses caresses délétères. Aussi loin que mes yeux peuvent porter, je vois la désolation, la décrépitude et la mort étendre ses ronces noires dans chaque recoin : recouvrant la moindre pierre, étouffant le moindre espoir. En contrebas, je vois le cœur noir, l'astre mort, dévorant toute chose, l’abysse le plus insondable, rongeant le monde de sa puissance entropique. Je l’observe en silence, et tandis que mes yeux scrutent sa noirceur, j’ai l’intime certitude que lui aussi observe mon âme. Mais je ne crains rien, car Tu es avec moi. Ton Royaume brille au-dessus de moi, dans l’horizon lointain, au-delà le nuage de ténèbres. Je vois Ta Lumière sainte rayonner et percer le linceul céleste. Et cette lumière vient réchauffer mon cœur et mon corps, m’investir de sa force inexorable. Je le sais, je n’ai pas de doute : Ta volonté guide ma main, c’est Ton ordre qui induit mes pas. Et la source de mes désirs n’est autre que Ton plan divin. Je n’ai pas à entendre ta voix : tu instille directement dans les tréfonds de mon âme ce dont tu as besoin, ce que tu veux pour ce monde. Alors je suis ces désirs comme des ordres. J’observe encore le monde en contrebas et le cœur noir pulsant et hideux. Je sais que sa laideur n’est autre que Ta création. Et que, tôt ou tard, je serais amené à arpenter cet abîme. Car c’est là-bas que je trouverais ton flambeau le plus parfait. Mais pour l’heure, je m’avance vers le Trône, Ta lumière dans mon dos illumine ma voie, et mon destin devient clair. Il devient plus limpide à chacun des songes que tu m’envoies.


Le premier m’intima de prendre les armes, quittant ma vie de modeste enfant de ferme pour rejoindre l’Ordre Saint des Templiers. Là-bas, la volonté que Tu fis mienne interpella mes instructeurs, autant que l’absence de compassion dont je fis preuve. Je poursuivais ma formation, apprenait l’art de l’épée, de la guerre, ainsi que Tes enseignements. Rien ne semblait pouvoir arrêter ma progression et c’est avec avidité que j’étudiais les textes anciens, et acharnement que j’entrainais mon bras. Une seule idée m’obsédait, pourtant je ne savais pas encore qu’elle était ton œuvre : je voulais grandir. J’en voulais toujours plus. Je voulais avoir un Nom, moi, le pauvre enfant sans terres, sans titre ni honneur. Idiot avide que j’étais. Mais je ne pouvais me résoudre à simplement courber l’échine face à mes supérieurs dont l’incompétence m’écœurait : elle était une insulte à Ton Nom. Et bien que je devienne Templier moi aussi, on me mettait en garde quant à mon tempérament et ma nature belliqueuse. Cela dit, ceci n’avait pas d’importance car je quittais bientôt cette fonction où l’étroitesse d’esprit et la stagnation infructueuse était la norme pour me tourner vers les rangs des Templiers Chercheurs. Là, je fis mes premières armes, je menais en Ton Nom nombre de recherches, chassant l’hérétique avec zèle, et mettant peu à peu la main sur les noirs secrets du passé. Je continuais d’arpenter ce chemin obscur avec une soif de connaissance redoublée, car je savais mon âme assez forte pour préserver la Flamme que tu avais fait naître en moi. Cette volonté irrépressible d’avancer, toujours et encore, et de gravir les sommets. Je savais qu’elle ne me perdrait pas.


Puis tu revins dans un second rêve, et ce jour-là je su que mon temps auprès des Templiers était révolu. Je devais avancer encore, plus loin, loin de leur influence qui me freinait sans raison. La gravité qu’ils exerçaient m’empêcher de me développer davantage. Je quittais l’Ordre pour te servir autrement, loin des miens, et devint prêtre-archiviste, à Nimdre. Quelques-uns de mes plus fidèles frères d’armes me suivirent dans mon exil délibéré. Là-bas, je retrouvais la Révérende-Mère Marie, devenue Grande Prêtresse. Je me mis à son service, œuvrant dans son ombre. Le jour, j’épluchais les textes sacrés, étoffant encore et toujours mon savoir encyclopédique et offrait les sermons aux fidèles, les guidant vers Ta voie. Mais le soir venue, je devenais son bras armé, son chercheur des ténèbres, décrassant la poussière du passé pour mettre la main sur les sombres secrets qu'il renferme et tachant mes mains du sang qui ne devait pas encrasser sa robe immaculée. Sang et poussière, tel fut mon lot, et c'était sans crainte que j'arpentais les chemins les plus sombres et tortueux. Je servis fidèlement, tant et si bien qu’elle fit de moi le Doyen de ma paroisse, le plus jeune jamais nommé. J’accueilli la nouvelle par un sourire, non pas tant de fierté que de contentement. Car je savais que le plus important était en marche et que, encore et toujours, je continuais d’avancer. Quelque en soit le prix.


Et Te revoilà, une dernière fois.


Je suis seul, dans la salle du Trône de la Divine. J’observe le monde qui s’effondre sous mes pas et la braise qui change la ronce en cendres. J’observe la Fin de Toute Chose. La Fin d’un cycle. Je vois le monde que nous avons connu disparaître. Je sens la peur des hommes, mais elle n’entache pas mon cœur. Car je sais ce qu’il me reste à faire. Je m’avance dans la salle, les ombres et les reflets se prosternent à mon passage. Et j’observe Ta lumière illuminer cette mission que Tu m’intimes d’accomplir. C’est alors avec une détermination sans faille que je me retourne, et face au monde en dessous qui s’effondre vers le cœur des ténèbres, et ton royaume au-dessus scintillant de lumière, je m’assieds sur la pierre froide. Trônant ainsi au centre de tout, je deviens le réceptacle de ta volonté et prend la tête de Ton troupeau. Ma parole résonne dans les cœurs et appelle à l’espoir. Alors j’allume une flamme nouvelle dans le cœur des hommes. Je deviens le berger guidant son troupeau au travers les ténèbres. Je deviens le Prophète qui prête sa voix à la Tienne. Je deviens l’alliance nouvelle et éternelle entre Ton Royaume Sacré et le royaume des hommes. Et face à moi, perdu dans les ténèbres, je vois les hommes qui s’avancent lentement, indolent, nu et maigre, rongé par l'abysse, l'espoir trônant dans leurs orbites vides. Ils s'approchent, titubant, malingre, venant se réfugier sous Ta lumière bienfaisante que je transmets. Le monde fini de s’effondrer les ténèbres se répandent. Mais qu’importe, car je sais qu’au-dessus, ta Lumière est toujours présente et qu’il me revient la tâche de guider ton Peuple jusqu’à Toi. Alors je me saisis de l’épée de flamme et j’éclaire le chemin.


Et par la force que Tu insuffles dans mon bras, et par la Flamme que tu fais briller dans mon cœur, j’exécute Ta Volonté. Car je ne suis que Ton instrument, Ton outil pour faire naître la lumière parmi les ombres, et que Tes désirs sont les miens.


D'autres visions viendront encore, je le sais. Nombre de message que tu me transmettra. Et en tant que ton Prophète, je les offrirai au monde.
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