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 Visage digne ; regard farouche

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MessageSujet: Visage digne ; regard farouche   Jeu 8 Mar - 9:10


Au château de Peyotril, les esclaves travaillaient d'arrache-pied pour astiquer les tables et récurer les sols. Le banquet de la nuit dernière avait été un peu trop arrosé, et certaines taches infâmes ne semblaient pas vouloir disparaître. Mais avec un peu de bonne volonté et des bras résistants, rien n'était impossible. Les cuisines préparaient également la suite des festivités, pendant que le maître-queux passait commande aux fumoirs de la ville. Vin d'importation et hydromel local se bousculaient en barriques montées sur les dos des pauvres serviteurs, quittant le cellier pour rejoindre une antichambre réservée aux femmes-gardiennes. Les femmes-gardiennes étaient des veuves de haut-rang, qui empêchaient les hommes de boire les réserves avant la fête. Souvent charnues et musclées, la plupart des Ullarnois ne se risquaient pas à l'exercice dangereux qui consistait à tromper leur vigilance.

Dagmar Algothir s'était paré de ses plus beaux atours, dont un caftan havdir indigo aux filigranes d'argent, qui tombait fort bien sous sa cape agrémentée de fourrure zibeline. La fibule attachant sa cape était faite d'argent pur, et représentait le symbole de puissance chez son peuple : un oiseau de proie, serres tendues, ailes ouvertes. Sa culotte blanche était bouffante, et laissait apparaître de magnifiques bottes noires cirées, sans doute issues de quelque pillage estival. A son baudrier pendait son arme, l'épée de son père, et à son cou un riche et lourd collier d'or, que lui seul en Ullarn pouvait porter, car il s'agissait du présent donné par le Tangval au véritable duc d'Ullarn. A ses doigts, quelques chevalières d'argent, et l'anneau de fer lui donnant le commandement sur la plupart des clans fjelldirs. Vêtu comme dans un conte des anciens temps, il aurait même eclipsé le roi si ce dernier avait été invité.

Aujourd'hui, pourtant, c'était une femme qui était à l'honneur. Elle viendrait ici, entre ces murs, en quête d'un homme et, pourquoi pas, d'un mari. Les huskarlars les plus proches de Dagmar n'avaient cessé de l'asticoter, voire de prendre les paris sur la beauté de la donzelle. Snorri quant à lui, Fjelldir pur jus, avait décrété que tout ce qui comptait, c'était sa capacité à être bonne épouse, et surtout bonne mère. Un homme charmant et plein de subtilité.

L'après-midi déclinait lentement avec le soleil, lorsque la chevauchée glinnerine fit tonner ses sabots jusqu'aux portes du castel. Un garde à la barbe immense avait alors demandé à ce que le duc en soit immédiatement prévenu. Les visites d'étrangers étaient choses peu communes en ces lieux, aussi les gardiens restaient à l'affût de la moindre mauvaise surprise. Les gonds puissants s'ouvrirent lentement et en grinçant, afin de laisser passer les cavaliers. Une fois dans la cour, un petit comité les attendait, issus de l'aristocratie guerrière du duché. Dagmar en son centre, main sur le pommeau de son épée, offrait un beau sourire à l'assemblée, comme à son habitude. Détendu, serein, jovial... Il avait bien entendu posé les yeux sur la beauté du nord avec qui il avait négocié des fiançailles. Elle était fort belle, et chevauchait sans mal. Son père lui avait toujours dit qu'une femme qui savait dompter un cheval était capable de faire bien d'autres choses encore.

Un héraut au râble épais et au front tatoué de runes leva un bâton, et déclama d'une voix forte :

- Se tient ici le Duc Dagmar, fils d'Ingmar, du clan Algothir, suzerain des clans d'Ullarn et gardien de ses deux peuples frères, ainsi que sa garde d'honneur, les huskarlars !

Une fois la tradition casse-bonbon passée, Dagmar fit un pas en avant vers Oriane de Vallompré, l'étudiant du regard, toujours avec ce sourire. Il dit soudain :

- Avez-vous fait bon voyage ? Il fut sans aucun doute long et harrassant. Mais vous avez pu parcourir mes terres du nord au sud, alors, qu'en pensez-vous ?

Le duc savait que pour les étrangers, l'Ullarn avait un caractère rugueux et froid qui les mettait souvent mal à l'aise. Les gens d'ici voyaient si peu d'étrangers que la moindre personne venue d'ailleurs était l'objet de tous les regards et de toutes les méfiances. Seuls les marchands savaient traiter avec les individus venus de l'extérieur. Mais ce qui devait gêner le plus, c'était peut-être les paysages et le climat, cette toundra froide et qui, si elle était d'une beauté sereine pour les Havdirs et les Fjelldirs, déboussolait complètement les hommes ayant grandi dans de vastes plaines d'herbe grasse.


Dernière édition par Dagmar Algothir le Ven 9 Mar - 11:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Visage digne ; regard farouche   Ven 9 Mar - 0:02



A l’annonce par son père du mariage arrangé, Oriane avait tempêté, cassé tout ce qui se trouvait à sa portée, hurlé, pleuré, supplié… et tant d’autres choses encore, mais n’y avait fait. Le Baron restait inflexible et l’affaire était close. Il s’assurait de vieux jours paisibles et confortables dans son Manoir et se sentait la conscience tranquille quant à fille, enfin sur le point de se marier.

Oriane avait passé des nuits sans sommeil. Elle ne savait rien de son futur mari, sauf qu’il était veuf et sûrement très vieux et qu’il avait un enfant, ce dont elle n’avait cure. Elle savait aussi qu’elle allait partir pour le Duché d’Ullarn, le plus lointain, le plus froid, peuplé de rustres et de pêcheurs. Tableau qui ne l’enchantait guère. Mais elle était au pied du mur, cette fois et son destin était tracé sans qu’elle ne puisse rien y faire.

Le jour maudit où la délégation du Duc Dagmar Algothir vint la chercher, Oriane avait fait carapaçonner et sceller son étalon, Albion. La scelle comportait un arc où elle posait son faucon, Gézabel. Elle ne pouvait pas partir sans eux. Au moment du départ, elle se tourna vers son père pour l’embrasser et lui murmurer :

Au revoir, Père. Tu m’as vendue comme une vulgaire catin mais je t’aime.

Elle monta sur son cheval qui regimba un peu, nerveux et avec la fringale de courir et la troupe démarra au petit galop. Oriane avait revêtu une tenue de cavalière chaude et une cape doublée, la meilleure de sa garde-robe qui était maigre. Une seule malle l’accompagnait dans une charrette bâchée, ainsi que quelques cadeaux pour son futur époux.

Elle parcourut de rudes montagnes au pas, des vallées arides au galop, et ne vit que des paysans robustes au travail de champs caillouteux. Quelques haltes étaient programmées sur le trajet où l’on tendit à Oriane une outre d’alcool âpre pour la réchauffer et où les chevaux purent boire une écuelle d’eau si rare dans cette contrée. Le voyage fut long, mais pour l’écuyère aguerrie qu’elle était, tout à fait supportable.

Malgré tout, elle ne fut pas fâchée d’arriver à bon port, au Château du Duc, qui fut annoncé en grandes pompes. C’est là qu’elle découvrit un homme souriant, apparemment heureux de la recevoir. Il avait le crâne rasé et une barbe fournie, tressée selon sa culture, bien différente de la sienne. Qu’importe, il n’était pas trop laid et plutôt accueillant. Elle descendit de sa monture.

Le voyage aurait pu être pire, enfermée dans une voiture. Mais à cheval, c’était plus confortable. Je suis un peu lasse, en effet, mais rien qui puisse justifier de vous ôter ma présence…

Elle lui sourit à son tour et lui fit une courte révérence.

Je suis Oriane de Vallompré. Peut-on s’occuper avant tout de mon cheval et de mon faucon ? Vous habitez un Duché bien froid et aride… mais je ne suis pas une poupée de porcelaine et je m’adapterai au climat. Les pluies douces me manqueront peut-être, cela dit.

Elle prit la main que le Duc lui tendait pour entrer dans la bâtisse qui allait être sa demeure pour bien des années.
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MessageSujet: Re: Visage digne ; regard farouche   Mer 14 Mar - 10:36

Dagmar fut agréablement surpris de constater qu’il n’avait pas affaire à une de ces dindes dont regorgeaient la cour du roi et les suites des hauts seigneurs. Elle montait à cheval, portait le pantalon comme un homme et ne se prêtait pas au jeu de la sotte pour attendrir son futur amant. Le duc pouvait dire qu’il avait tiré la meilleure épingle du jeu, pour le moment. Les dames cachant leur sourire derrière un éventail ne lui convenaient vraiment pas. Snorri, quant à lui, émettait sans doute un peu plus de réserve quant à tout cela, partisan de conserver l’Ullarn du sang étranger, jugé bien trop faible et changeant.

La jeune Oriane semblait tactile, car elle vint chercher la main que Dagmar lui présentait. Son sourire s’agrandit. La petite n’était pas prude. Tant mieux. Encore une preuve de son infaillible flair. Il tourna un instant son visage vers le marshalk du château, puis vers son maître-veneur et leur dit à chacun :

- Magnus, occupe-toi du cheval de la damoiselle. Gunnar, son faucon. Dans une volière séparée, je doute que mes harfangs l'apprécient.

Les officiers se mirent donc en branle, l'un saisissant les rennes du palefroi, l'autre prenant soin à ce que les serres du faucon agrippent sa main gantée. Dagmar emmena alors Oriane sur le chemin de la Grande Salle, tout en bavardant un peu.

- Vous êtes donc adepte de la fauconnerie ? Une bonne surprise. Je chasse au harfang dans la toundra, lorsque le temps me le permet.

Passant de larges portes aux battants garnis de ferronnerie, la petite suite se retrouva bientôt dans la vaste Grande Salle de banquet, où tous les braves du château et du duché étaient rassemblés, à attendre, bavarder, argumenter ou se quereller. Quand le couple entra, néanmoins, beaucoup se levèrent et saluèrent le duc, lorgnant sur sa future femme, cette énigmatique étrangère. Beaucoup murmuraient en la regardant, d'autres acquiesçaient en silence en se grattant la barbe. Quoi qu'il en soit, c'est avec dignité que les deux fiancés se dirigèrent vers la table d'honneur, dominant toutes les autres sur son dai de pierre. Au centre de la pièce, déjà, on faisait chauffer l'hydromel dans son grand chaudron de laiton battu, tandis que les grasses serveuses remuaient dans la marmite avec une immense louche, sous l'oeil vigilant des femmes-gardiennes.

Dagmar fit s'installer Oriane à côté de son jeune fils, Ingmar, approchant les sept ans. Ce dernier regarda d'abord la demoiselle d'un oeil circonspect, avant de la saluer. Dagmar dit alors :

- Mon fils, Ingmar le Jeune, issu de mon premier mariage.

Le duc voulait voir dans le regard de la jeune femme si cela semblait représenter un obstacle, pour elle. C'était un test, une épreuve. Bon nombre de femmes, au second mariage, tentaient d'écarter les potentiels obstacles à leur propre descendance. Dagmar ne voulait pas voir son aîné ainsi tourmenté.

Pendant ce temps, le monde s'attablait, et les mets sortaient des cuisines aux bras des servants. Bière, vin, harengs fumés, tournedos de thons mi-cuits, lieu noir braisé... Cependant, il n'y avait pas que du poisson ! De nombreux légumes et fruits parcouraient la table, de même que quelques pièces de gibier, du fromage de chèvre, et du pain frais. De quoi régaler et pinter toute l'assemblée de huscarls, de barons et de héros, sous la musique douce des skaldes.

Dagmar leva la main pour indiquer à tous que l'heure du banquet était venu, et nombre d'entre eux sautèrent sur la nourriture comme des chiens affamés ! Dagmar tourna alors sa tête vers Oriane et, lui servant de l'hydromel, se mit à discuter.

- Comment sont vos terres, en Glinnery ? Certains disent que là-bas, il fait bien trop vert et beau pour que leurs habitants s'endurcissent.
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MessageSujet: Re: Visage digne ; regard farouche   Mer 14 Mar - 14:46


Oriane regarda son étalon à la robe grise pommelée pour suivre son départ aux mains d’un étranger vers les écuries. A la moindre regimbe de son étalon, elle se serait précipitée. Mais Albion était fatigué et obéit le col bas, sentant la paille fraîche idéale pour se restaurer et se reposer. Le faucon, encapuchonné, ne fit pas non plus de manière. Oriane en fut soulagée.

Je vous ai amené un présent, Cher Duc : un étalon noir du nom de Smerch que j’ai débourré moi-même. C’est une pépite de notre élevage que j’espère, vous apprécierez. Il a la particularité d’avoir une mèche rousse dans sa crinière noire et c’est un pur hasard par rapport à la couleur de votre barbe, je vous assure. Il est exceptionnel. Vous me flatteriez si vous acceptiez que je vous accompagne quand vous l’essaierez.

Puis il lui parla de chasse au Harfang… Pour elle, c’était une chouette, encore qu’elle n’en fût pas sûre, et les chouettes étaient réputées pour chasser la nuit. Oriane ne voulut pas paraître ignare et sourit encore sans répondre.

Quand elle entra au bras de Dagmar dans la salle des festivités en son honneur, son sourire s’effaça. Elle n’était nullement habillée pour cette occasion et n’avait même pas eu le temps de se rafraîchir. Mais force était de constater que les mœurs d’Ullarn étaient moins sectaires qu’à Glinnery. Intérieurement, elle s’en sentit apaisée : moins de paraître et plus d’authenticité, cela lui convenait bien au caractère. Elle inclina la tête à plusieurs reprises envers les notables qu’elle voyait la jauger, peut-être la juger. Elle n’était qu’une étrangère et allait devoir faire ses preuves ou imposer ses lois, c’était selon son futur époux et sa sensibilité à elle. Elle avait bien conscience qu’elle avançait en terrain difficile.

Elle fut placée entre le Duc Dagmar et son fils Ingmar auquel elle accorda un sourire un peu timide.

Je suis ravie de vous rencontrer, jeune Ingmar… Malgré le fait que je ne sois pas mère, et encore moins la vôtre, je désirerais que nous nous entendions bien jusqu’à devenir complices. Il en va du bonheur de votre père, n’est-ce pas ?

Elle se pencha à son oreille :

Je n’ai jamais eu de mère, cela nous fait au moins un point commun. A nous d’en parler si nous le souhaitons et pourquoi pas d’en trouver d’autres ? Je serai à votre disposition pour cela.

Le début du repas fut lancé et Dagmar lui servit galamment un verre d’hydromel avec lequel, avant d’y tremper ses lèvres, elle offrit un toast à son fiancé puis à son fils. Elle en but une gorgée ensuite. Elle vit la multitude de plats sur la table et, malgré sa faim, elle avait un peu l’estomac noué. Avait-elle fait bonne impression à son fiancé, à ses pairs ? Son fils allait-il l’apprécier sans lui reprocher de vouloir remplacer sa mère auprès de son père ? Tout n’était que suppositions, hypothèses, doutes dans sa tête.

Quand Dagmar parla de Glinnery, Oriane eut un fou rire. La fatigue, la nervosité ? Les deux ?

Glinnery est effectivement un duché de pâturages gras où les chevaux paissent et grandissent sans mal. Mais il est injuste de penser que nous avons un caractère ramolli pour autant ! Même si le climat y est plus doux qu’ici, nous y élevons l’animal le plus rétif qui soit : le cheval. Notre région est aussi très boisée et semée d’embûches. Mon tempérament vous le démontrera, j’en ai peur. Si vous aviez envie d’une « petite chose » pour épouse, renvoyez-moi de suite. J’ai mes idées et mon franc parler.

Elle le regardait avec tout à coup une angoisse réelle. A force de trop en dire sur elle, elle risquait bien de la dégouter avant même le mariage. Son regard se focalisa ensuite sur la salle où les invités, les partisans et autres se goinfraient, buvaient à outrance et commençaient à avoir des gestes mal placés envers les serveurs et les serveuses. Elle eut une moue dégoûtée.

Devons-nous vraiment assister à ce spectacle pervers ? Votre fils également ? Je suis fatiguée… Souffrez que je me retire, s’il vous plait.
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